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C’est une musique « elliptique » : je veux dire qu’elle fait souvent l’économie d’un développement complet, qu’elle sait s’interrompre pour laisser le silence « dire le reste »… Ou pour jouer avec l’opposition des climats.

Premièrement le fatalisme : tout est écrit, rien à changer au grand livre du monde …

Deuxièmement : ne pas renoncer à agir, à intervenir. Être prêt ! sinon à quoi : à agir ! Contradiction baroque : être disponible à faire quelque chose dans un monde où il n’y aurait rien à faire… C’est une clé de la construction de cette musique, de son climat. En somme, à quoi bon agir dans un monde où tout est déjà dit, déjà promis à la chute… Et pourtant! Qui n’entend qu’ici, comme dans toutes les grandes musiques, on va sans cesse de l’abandon résigné au naufrage (on y est même prêt) à l’arrachement de ce naufrage ? En tout cas, c’est un des caractères des musiques cyclothymiques! Mais grâce à l’ellipse, ça ne s‘étale pas,  ça se dit, ça s’articule bien, mais ça ne s’exhibe pas.  Voilà qui est honnête, convenable, qui respecte l’auditeur : c’est-à-dire en n’abusant pas de sa sensibilité pour forcer son intelligence.

                                                                     

Pierre Présumey (05-2007)

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